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Retour sur… Histoire de Genres : Lectures de textes

Lecture de texte autour du genre et de l'éducation

Le 12 juin dernier, les Aliennes ont sorti le nez de leur fusée pour organiser le premier évènement de 2021 en présentiel et en collaboration avec la Mairie du 11ème !

On l’attendait avec impatience, le premier évènement Aliennes de 2021 s’est déroulé le 12 juin à l’école élémentaire de la rue Keller dans le 11ème arrondissement de Paris.
Une mise à disposition des cours d’écoles avait été faite par la Mairie du 11ème et nous avons eu la chance de pouvoir y organiser une scène ouverte de lectures de textes autour du Genre et de l’Éducation.

Pourquoi l’Éducation et le Genre ?

Aussi bien dans l’éducation scolaire que familiale, la place de l’éducation est importante dans la vie de toute à chacun‧e. C’est aussi dans cette sphère que les enjeux liées aux constructions des genres se développent amenant à la perpétuation des inégalités déjà présentes dans la société et à la construction de nouveaux préjudices.

Cet évènement se déroulant au sein même d’un espace dédié à l’apprentissage de valeurs et des constructions sociales, il était important pour nous de revenir sur l’un des principaux objectifs de l’association : combattre les stéréotypes de genres.

Les Aliennes en quelques objectifs militants c’est : visibiliser les femmes, ce qu’elles ont à dire, ce qu’elles disent déjà, ce qu’elles créent, ce qu’elles produisent : mettre en lumière la culture des femmes. 

Mais tout cela ne peut se faire sans visibiliser et combattre les stéréotypes de genre. Changer les représentations des femmes dans la culture en leur permettant d’en reprendre le contrôle, combattre les masculinités toxiques et promouvoir la pluralité des genres comme elle a toujours existé dans bon nombre de sociétés non-occidentales.

Avec les Aliennes, notre souhait c’est de mettre en lumière cette culture, de mettre en lumière ces artistes avec pédagogie et bienveillance. Aujourd’hui nous voulions donner la parole aux autrices, à celles qui les interprètent aussi et à leurs témoignages qui méritent d’être entendus. 

Les Lectures

TW : Violences sexuelles et sexistes, violences domestiques, pédocriminalité

Pré-inscrites à l’avance, 4 femmes autrices, lectrices, slammeuses et actrices se sont succédé sur la petite scène Aliennes pour le plus grand plaisir des spectateur·ices.

Mélissa nous a lu un extrait du livre de Mélanie Fazi « Nous qui n’existons pas » où l’autrice de romans fantastiques et lauréate du Grand Prix de l’Imaginaire en 2005 s’interroge sur les identités de genre et les étiquettes au travers d’un témoignage personnel. Dans ce premier livre de non-fiction paru en 2018, elle déclare que la découverte de son asexualité va change son rapport à l’écriture.

Dans l’extrait choisi par Mélissa, Mélanie Fazi s’interroge : à vouloir vivre sans étiquette, que deviens t’on ? 

Mélissa pour la lecture du texte de Mélanie Fazi « Nous qui n’existons pas »

Valentine Montesino, elle, nous a lu un texte qu’elle avait écrit spécialement pour l’évènement. Fondatrice de la compagnie « Je vous suis très attachée », cette autrice nous a dessiné le portrait de la bonne élève, du stéréotype de la jeune fille sage qui se transforme comme un écho et devient celui de la jeune femme sage, qui ne réagit pas lorsque son compagnon la blesse, l’enferme avec des mots ou des coups dans un cercle vicieux : « On ne m’a pas appris ».

« Face à lui je me dis qu’il me manque tout d’un coup plein de choses, quelque chose auquel se raccrocher, les fleuves, les lacs, les départements, Baudelaire, Balzac, Zola, quelque chose n’importe quoi. Qu’on me dise comment agir, ce qu’il faut faire de bien. C’est comme ça que ça se passait d’habitude, non ? Il avait des cases à remplir, des bon points à gagner, des manières de faire, et des manières de ne pas faire. »

C’est aussi la bonne élève qui a bien retenu tout ce qu’on lui a apprit et qui de fait, n’a retenu aucune femme :

« Tu connais les grands auteurs par exemple, au moins de noms. Victor Hugo, Baudelaire, Balzac, Zola… Tu ne remarques pas encore que ce ne sont que des noms de garçons. D’ailleurs George Sand aussi, au début, tu penses que c’est un homme. Ça ne te vient pas à l’idée que ça puisse être une femme sous un surnom, après tout, les grands auteurs sont des hommes, ce sont toujours des hommes, mais ça tu ne le remarques pas encore. Tu te repasses la liste dans ta tête. Tu es une bonne élève. »

Valentine Montesino de la compagnie Je vous suis très attachée, en pleine lecture de son texte original

Amélie Hennes, comédienne et fondatrice de la compagnie de théâtre Les Attentives a souhaité nous partager un extrait de la pièce de théâtre « notre vertu inexorable à oublié les lâches – V.I.O.L. », montée avec sa soeur :

« Novembre 2019, pour fêter leur emménagement, les deux sœurs Jeanne et Madeleine organisent une pendaison de crémaillère. Comme toujours, l’ambiance est festive, le champagne coule à flots, les amis proches sont au rendez-vous, quelques moins proches aussi.
La soirée s’achève au petit matin, et, après le départ de tous les invités, un cri déchirant brise le silence. Madeleine vient de subir un viol dans son propre appartement…
Deux mois après l’agression, Madeleine contacte ses amies afin de recueillir d’éventuels témoignages de violences subies. Les retours sont nombreux. Le constat est alarmant : toutes ont vécu des violences, allant de la «banale» insulte dans la rue jusqu’à l’effrayant pervers agressif. »

En ce moment la compagnie Les Attentives joue LES FEMMES NAISSENT ET DEMEURENT – VOLET 1: ETTY et les places sont à prendre ici !

Amélie Hennes de la compagnie Les Attentives avec un extrait de la pièce Notre Vertu inexorable à oublié les laches – V.I.O.L.

Pour clôturer l’évènement et remettre du rythme dans nos combats, c’est Madame Adèle – maintenant sous le nom d’artiste Adiel – qui nous a entrainée dans un slam drôle et piquant sur le genre et les identités. Avec la championne de France de Slam 2020, nous n’aurions pas pu rêver mieux comme conclusion :

« Madame Adèle, Madame Adèle !
Marre de ceux qui se marrent en marcel.
Marre de celles qui veulent qu’on joue à la marelle.
On se vautre d’une case à l’autre en restant bien à l’intérieur…
surtout ne pas toucher la ligne, sinon tu meurs ! »

Adiel en plein slam sur les genres